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A year abroad in London

Les journées londoniennes d'une luciole indécise.

Un labyrinthe

Un labyrinthe

 

Je passe ma carte sur le scanner, je monte quelques marches, et, après l'octogone où sont assis quelques étudiants concentrés, m'y voilà. Les livres s'alignent de part et d'autre du couloir. La pensée humaine à son plus haut degré d'activité repose ici. Mon pouls s'accélère, je suis terrorisée, car je sais que je ne pourrai pas tout lire. Pire encore, je sais que je serai morte avant même de maîtriser un seul des sujets proposés. Même si je le spécifie à l'extrême. J'ai toujours cette pensée quand trop de données se présentent à moi. Où commencer pour éviter l'errance ? Comment tirer le meilleur profit du peu de temps qui m'est imparti sur terre, comment éviter les redondances et les mauvaises philosophies ? Et ce n'est rien encore, avec ce que l'on trouve sur le catalogue numérique. Des milliards d'articles y sont recensés. Je suis perdue. Une autre langue que la mienne se déploie, technique, sèche, précise. De la question de l'existence des universaux aux cuisines norvégiennes (je ne plaisante même pas), je survole. J'essaie d'être attentive, mais je prends trop de temps. Et il y a tant d'idées autour de moi que je ne pourrai jamais saisir, à cause de cette lenteur. Alors, la peur revient. Parce que je sais aussi que même en lisant, je ne retiendrai pas tout. Mes connaissances peuvent disparaître n'importe quand. Je crois me construire, mais j'oublie autre chose au même instant. A quoi bon ? A chaque fois que j'entre dans une bibliothèque, je suis écrasée par mon insignifiance. 

Même si ma mémoire était capable de ne rien laisser s'échapper, même si je disposais d'un temps suffisant pour tout lire, je ne me rapprocherai pas plus de l'Absolu que j'espère toujours rencontrer sur quelqu'une de ces pages.  

Comment font-ils pour être si clairs dans leurs propos, pour prétendre connaître quelque chose sur quoi que ce fût? La prétendue connaissance humaine n'est qu'un labyrinthe de textes qui font parfois référence à d'autres, qui d'autres fois répètent le passé sans le savoir. Chacun apporte sa vision fragmentaire sur la question, et tout finit oublié dans une immense base de données sur laquelle personne n'a vraiment le contrôle.

Exactement comme ce texte-ci.

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