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A year abroad in London

Les journées londoniennes d'une luciole indécise.

Fin du semestre

Fin du semestre
Fin du semestre

Après quelques mois dans cette ville déconcertante, je vais bientôt finir ma dernière semaine du semestre. Et, plutôt qu’offrir une rétrospective, je voulais avoir une pensée pour vous, lecteurs. Je ne sais pas si vous partagez ma pensée, mais, souvent, je vois tous ces gens connectés, et je sais que je n’aurai une conversation qu’avec une partie infime d’entre eux. Les réseaux sociaux ont l’étrange pouvoir de nous entourer, mais seulement avec des personnes qui « verront », des spectateurs passifs. Car tout le monde voit tout, mais la fraction qui se manifeste est négligeable. Et, ainsi, nous sommes seulement cernés par des noms et des images, de vagues connaissances, de souvenirs, de personnes qui nous ont parfois abandonnées, et qui pourtant sont toujours douloureusement là, à regarder sans rien dire. C’est assez étrange. Il suffit de visiter le profil de quelqu’un pour le croire plus proche, mais l’illusion se dissipe aussi vite.

Néanmoins, je crois que je suis assez sensible à ce sujet. D’aucuns acceptent l’idée que la plupart des gens seront de passage dans leur existence, pas moi. J’ai trop conscience de l’unicité de chaque être pour accepter de le perdre. Chacun m’apporte quelque chose que je ne trouverai pas ailleurs. Et voir ainsi leurs fantômes est une expérience assez déplaisante.  Ils existent et ont pourtant le silence des morts. J’imagine que l’isolement lié à Londres décuple cette façon de penser. D’autant plus que cette ville va à toute allure, que les amitiés se nouent et se dénouent en une fraction de seconde.

Ainsi, parfois, je préfère la solitude. C’est elle que j’ai embrassé ces dernières semaines, avec moins de difficulté que ce que j’aurais craint. Dimanche dernier, je suis allée au cimetière de Highgate, et j’y ai vu l’impressionnante tombe de Karl Marx. Les images parleront mieux que moi. Mais j’aimais penser à toutes ces tombes, à ce calme, et au contraste avec moi-même, attaquée par le froid, plus vivante qu’ailleurs.

Fin du semestre
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